Introduction à la pellicule

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Technique

Introduction à la pellicule

Allez, on s’attaque à du lourd ! Vous allez enfin comprendre de quoi il s’agit quand on parle de pellicule, la bandelette de plastique la plus populaire au monde ! Avant de commencer à parler des différents formats, voici quelques notions de base qui s’imposent.

Une pellicule est un support physique qui défile devant une fenêtre d’impression dans la caméra. C’est sur celle-ci que sont “enregistrées” les prises de vues. La pellicule ne défile pas en continu, elle s’arrête 24 fois par seconde, le temps “d’enregistrer” chaque image. Sur la caméra elle est stocké dans le magasin grâce à des bobines et peut défiler horizontalement ou verticalement. Quelques petites illustrations pour mieux comprendre, vous trouverez les explications en dessous.

 illustration camera

Pour faire simple, quand on tourne sur pellicule, la caméra est composé des éléments suivants : objectif, obturateur, magasin, la fenêtre d’impression et bien sûr la bobine de pellicule.

L’objectif : c’est par là que rentre la lumière dans la caméra. L’image est créée à partir du flux lumineux (flèche bleue) reçu.

L’obturateur est un élément très important : il empêche la lumière de passer quand la pellicule défile et la laisse passer au moment d’impressionner (‘enregistrer”) l’image.

Le magasin, comme dit plus haut, est l’endroit à l’abri de la lumière où est stockée la pellicule. Il se compose de deux bobines : la débitrice qui contient la pellicule vierge (celle du haut sur le schéma) et la réceptrice qui contient la pellicule impressionnée (celle du bas).

Pour info nous avons aussi la fenêtre d’impression, c’est l’endroit où la lumière entre en contact avec la pellicule.

Maintenant comment ça se passe ? Le principe est très simple. Etape 1. L’obturateur est fermé, la lumière ne passe pas, la pellicule défile de quelques crans. Etape 2. La pellicule s’arrête de défiler, l’obturateur s’ouvre, la lumière entre en contact avec la pellicule, l’image se forme, l’obturateur se ferme. Et on repasse à l’étape 1 ! Ce mécanisme se répète 24 fois par seconde. A l’époque il était manuel : l’opérateur tournait une manivelle pour le faire fonctionner, maintenant c’est un moteur qui s’en charge.

 

Les formats de pellicule

Accrochez-vous, on rentre un peu plus dans les détails. Ce qu’on appelle un format de pellicule fait référence à la largeur de cette dernière. On abordera les plus répandus : le 16mm, le 35mm et le 65/70mm. Mais en réalité il existe un grand nombre de formats 8mm, 9,5mm, 17,5mm, 28mm, etc. Ces formats ont également des variantes comme le super 8, le super 16, ou le super 35, nous y reviendrons. Dernier détail, il ne faut pas confondre format de prise de vue et de projection, ici on se concentrera sur les formats de prise de vue.

Le ratio d’image est le rapport largeur sur hauteur de l’image imprimée sur la pellicule. Par exemple une image 16/9 sur une 35mm. Les ratios ”standards” en cinéma sont le 1.33 (4/3), le 1.37, le 1.66, le 1.85 et le 2.35 ou 2.40. Pour parler de ratio, on parle aussi de format, attention aux confusions… Je vous invite à lire l’article dédié aux formats d’image (ratios).

Il est aussi important à noter qu’un format film peut être « gonflé », c’est à dire qu’on agrandit une image d’un support sur un autre support plus grand. Par exemple on peut gonfler une image provenant d’une 16mm sur une pellicule 35mm (voir image ci-dessous).

Une autre notion importante est la perforation. Il s’agit des trous sur un des bords (ou les deux) de la pellicule permettant l’entraînement du film devant la fenêtre d’exposition. Quand on énumère un nombre de perforations, il s’agit du nombre qu’on retrouve sur les bords d’une image.

 

 format pellicule

 

Le format 16mm 

Lancé par Kodak en 1923, avant tout destiné pour les amateurs, il va se professionnaliser par la suite avec des fictions de petit ou moyen budget, ainsi qu’avec les reportages et les fictions télévisuelles. Il sera remplacé en partie dans le monde professionnel par la vidéo.

Il existe deux formats en 16mm. Le 16mm substandard ou tout simplement 16mm et le Super 16.

Le 16mm standard

Pellicule à une perforation par image (soit perforation d’un côté de la pellicule ou des deux). 

Le super 16

Le super 16 possède un ratio d’image de 1,66:1. On peut également faire sa prise de vue en 1,85:1 ou 2,40:1. Il permet d’enregistrer des images de 12,39 × 7,49 mm contre 10,22 × 7,42 mm pour le 16mm standard.

 

comparaison 16mm et Super 16mm

 

Le format 35mm

Il s’agit du standard en prise de vue. Il existe depuis les débuts du cinéma avec Thomas Edison.

On différencie principalement deux types de support 35mm, le 35mm (sphérique) qui possède un espace pour l’enregistrement sonore. Et le super 35 (S35), sans bande son, donc l’image peut être impressionnée sur une plus grande surface. Oui parce que le son aussi peut être enregistré sur la pellicule, voir l’illustration suivante :

bande son sans bande son

Petite particularité : le Vistavision. Il s’enregistre sur du Super 35, mais là la pellicule défile horizontalement devant la fenêtre d’impression plutôt que verticalement comme pour toute prise de vue énoncée précédemment. Quelle différence ? L’image est impressionnée sur une plus grande partie de pellicule : elle sera donc de plus grande qualité. Pourquoi on ne tourne pas toujours en Vistavision alors ? Simplement parce qu’on utilise plus de pellicule, et que la pellicule ça coûte cher !

Son utilisation est avant tout destinée pour les VFX (comprenez effets spéciaux). Les techniciens possèdent ainsi plus de détails, les effets deviennent plus précis et détaillés, et une fois le tout rebasculé sur du 35 ou S35, l’illusion est parfaite. Le Vistavision est aussi utilisé pour compléter certaines scènes tournées en IMAX, comme par exemple dans les films de Christopher Nolan (The Dark Knight et Interstellar). Avant de passer à la suite, on résume le Vistavision dans une image :

 

Vistavision

 

Le 65mm/70mm

Il s’agit d’une des pellicules cinématographiques les plus larges qui soient. Aujourd’hui celle utilisée pour la prise de vue est du 65mm, puis l’image est ensuite gonflée sur une pellicule 70mm.

En 65mm la pellicule est à défilement vertical, l’image se forme sur 5 perforations, donnant à l’image un aspect ratio de 2.20.

La pellicule 70mm pour la prise de vue est notamment utilisée pour le Showscan qui a la particularité de défiler à 60 images par seconde, ce qui donne une image plus lumineuse et plus nette. Et il y a aussi l’IMAX®.

L’IMAX® est le seul à utiliser une pellicule de 70mm à défilement horizontal. L’image se forme sur 15 perforations et l’image a un aspect ratio de 1.43 ; il s’agit de la pellicule qui possède la plus grande « définition ».

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